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Le scoutisme et Saint François d'Assise

Tous ceux qui ont lu « LE LIVRE DE LA JUNGLE » de Ruydard Kipling ont cessé de s’étonner, même en dehors des scouts de l’appellation de « louveteaux » ou « petits loups » par laquelle nous désignons les enfants de 7 à 11 ans qui font partie de la section préparatoire au scoutisme et que nous nommons le « LOUVETISME ».

Mais, quand l’Eglise baptise une œuvre, elle trouve, dans ses annales, des souvenirs et des raisons, qui donnent au mot leur sens religieux.

Et voilà pourquoi le louvetisme qui dirige chez nous avec sa compréhension admirable de l’âme de l’enfant, la grande cheftaine catholique, VERA BARCLAY, devait nécessairement se placer sous le patronage de celui qui fit du loup de Gubbio, ravageur et cruel, un loup discipliné et bon.

Aussi, les visiteurs qui viennent à CHAMARANDE, au camp école de formation de maîtres louvetiers et de cheftaines, peuvent constater en quel honneur est tenu, chez les scouts, SAINT FRANCOIS D’ASSISE et sous quelle forme originale les louveteaux lui témoignent leur vénération.

Au centre du « cercle de parade » que forment les « petits loups », est planté un mât surmonté d’une statue de Saint François d’Assise dont la main caressante repose sur la tête du loup converti.

Sous l’arceau que dessine la chevelure touffue de ses grands arbres, monte cette promesse des « petits loups » à leur protecteur Saint François d’Assise : « Saint François nous ferons de notre mieux, oui ! oui ! de notre mieux ! ». Et les petits oiseaux qui nichent à l’entour semblent pépier comme un écho de la syllabe favorite : « mieux ! mieux ! mieux ! ».

En vérité, louveteaux et scouts sont bien de la famille de Saint François d’Assise, et si les premiers sont, comme le loup de Gabbio, ses petits protégés, les seconds, par le but qu’ils poursuivent et par les détails de leur vie, ne sauraient avoir un type idéal plus parfait. Le scoutisme, dans son fond et dans sa forme, dans sa doctrine et dans ses méthodes est bien d’inspiration franciscaine, et si Saint François n’en fut pas le créateur, il en fut, avant la lettre, l’un des plus complets réalisateurs. Aussi, les scouts en font-il leur modèle. A son exemple, ils se débarrassent des exigences factices et des besoins artificiels créés par les habitudes du bien-être qui amollissent l’âme autant que le corps. Ils essaient de vivre la vie simple des pionniers, des colons, des missionnaires, ou cependant ils apprennent, par la communauté que fonde la vie de patrouille, comment, à l’exemple d’un petit frère lai, on sert ses camarades et se dévoue à eux : « LE SCOUT EST FAIT POUR SERVIR » (Article 3).

Ne redoutant pas l’inconfortable, ils aiment les campements où l’on couche sur la dure, où l’on cuit ses aliments, où l’on prépare soi-même ses vêtements.

Leur costume kaki, d’où sont soigneusement bannis l’étoffe de luxe, le foulard de soie, la recherche dans la coupe, costume le même pour le citadin et pour le rural, pour le riche et pour le pauvre, confondant toutes les classes sous un uniforme identique, ne rappelle-t’il pas la bure franciscaine ?... Et dans cet essai de pauvreté volontaire, le scout ne veut-il pas comme son modèle, combattre la sensualité et l’orgueil ?

L’ARTICLE 10 DE LA LOI : « les scout est pur dans ses pensées, dans ses paroles, dans ses actes » ne marque-t’il pas en quelle estime il tient la vertu séraphique ?

Comme Saint François d’Assise, il voit Dieu dans les œuvres de la création, il l’admire dans la splendeur des couchers de soleil, dans la grâce des collines, dans la majesté des monts, dans le silence des bois, dans la richesse des terres qui multiplie au centuple l’effort ou dans la pauvreté et la rudesse du sol qui engendrent et retiennent les races énergiques.

Il respecte les plantes, il aime les animaux, et volontiers leur donnerait le doux nom de « frères » et de « sœurs » ; s’il s’en sert, il le fait avec bonté ; s’il doit les détruire, il le fait sans méchanceté et en évitant toute souffrance inutile.

Comme François d’Assise, le scout est homme d’honneur : il veut mériter confiance, il tient sa parole, et l’abbé de S. Justin aurait pu compter sur sa promesse comme il compta sur celle de Saint François.

Comme le saint, son modèle et son maître, il veut être le bon chevalier du Christ, ami de tous, toujours en quête de la BONNE ACTION à faire, du service à rendre, toujours courtois, toujours prêt, selon son mot d’ordre, à « servir et sauver son prochain ».

Moderne « Perceval », sans destrier ni cotte de maille, le scout s’élance à la conquête du bel et du bien et, avec l’aide eucharistique, poursuit la victoire du monde spirituel.

Ainsi, saint François ayant pris la pauvreté pour Dame, comprit que l’on peut devenir chevalier sans armure et sans épée.

Type accompli du scout, François d’Assise place à la base de l’édifice, que la charité du Christ transforme et splendidement construit, les vertus naturelles de loyauté, de dévouement et de pureté que le scout : « sur son honneur et avec la grâce de Dieu », promet solennellement de vivre.

Il était souhaitable que ce modèle parfait fut proposé à l’admiration enthousiaste des Scout de France, car François, a dit un de ses frères qui fut son principal historien, était vraiment français, puisqu’il avait le cœur franc et noble. (…)

Les scouts, qui aiment le symbolisme des noms et qui souvent empruntent les leurs aux hôtes de la jungle, aimeront ces pseudonymes ou se révèlent toutes les inspirations d’Assise. (…).


Chanoine Cornette – revue « le Scout de France » Mai 1925.