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1920 / 2020

100 ans de scoutisme catholique français

 

La guerre sévissait encore : ruines et deuils s’accumulaient. Chaque jour de nouveaux noms, très chers, s’ajoutaient à la liste funèbre. Il nous semblait que l’Ange de la mort avait marqué chacune de nos demeures afin que notre peuple décimé offrit en holocauste ses premiers nés. La France était montée au sacrifice avec sa foi, son enthousiasme, sa volonté, son obéissance des grands jours. Ceux qui mourraient et ceux qui acceptaient de voir mourir les leurs, luttaient de courage et de générosité. Ils s’étaient simplement haussés à la grande loi de la chrétienté : mourir pour vivre.

Membres et corps de Notre Seigneur Jésus-Christ, ils communiaient ainsi à l’acte suprême de la rédemption. Un million et demi de nos meilleurs enfants formèrent cette cohorte de martyrs. Avec angoisse, nous regardions vers la génération montante. Que serait-elle ?... Les cadets rendraient-ils vain les sacrifices des morts et des vivants, des disparus et des revenants, ou comprendraient-ils la leçon des aînés et recueilleraient-ils de leurs mains pieuses l’héritage qui leur était légué ?...

 

Notre essai de scoutisme fut la réponse à ce souci : les « ENTRAÎNEURS CATHOLIQUES DE FRANCE »  (plus communément appelés « ENTRAÎNEURS SAINT HONORE D’EYLAU ») dont la plupart des jeunes sont issus du lycée Janson de Sailly, sont fondés en Octobre 1916 par le CHANOINE CORNETTE, aidé des frères MARCEL et PAUL COZE. C’est à vrai dire le troisième groupe de scouts catholiques fondés sur Paris. Le groupe mené par EDOUARD DE MACEDO adopte une règle avec 9 codes, une devise, des devoirs et un serment. Lorsque la volonté de l’entraîneur s’est montrée fidèle à ces principes et après une ou plusieurs années, il est admis à prêter le serment des entraîneurs. C’est l’association la plus proche du modèle scout catholique créé en 1920. 

 

Mais d’autres groupes catholiques apparentés au scoutisme ont aussi existé : probablement initié par l'ABBE PADIAL en 1911, le « PATRONAGE PAULIANI » de Nice est repris par l’ABBE D’ANDREIS qui met sur pied les « ÉCLAIREURS DES ALPES » en 1913. C'est mouvement alpin soutenu par l’évêque MONSEIGNEUR CHAPON qui souhaite étendre le mouvement au niveau national. Devenus les « ÉCLAIREURS CATHOLIQUES DE FRANCE » en 1915 ou 1916, il y aurait eu jusqu’à treize unité regroupant près de six cents garçons pour l’ensemble des troupes provençales. Les activités du groupe sont très proches de celle du scoutisme de l’époque tandis que l’orientation parait proche du Sillon mais aussi patriotique. Le fondateur parait avoir considéré le scoutisme comme une activité destinée en priorité aux grands adolescents. C’est l’abbé d’Andréis qui édite le premier manuel de l’éclaireur catholique en 1916.

Paul et Marcel Coze en 1913

Les entraîneurs Saint Honoré d'Eylau en 1920

En Novembre 1915, avec les garçons d’un patronage, le Cercle Saint Louis de Gonzague, l’ABBE ANDRE DE GRANGENEUVE, vicaire, crée une sorte d’unité scoute sur la proposition d’un garçon de quartier : LUCIEN GOUALLE. Le petit groupe prend le nom de « VAILLANTS COMPAGNONS DE SAINT MICHEL ». Puis l’abbé étant mobilisé, les enfants sont repris par Goualle qui leur incorpore son propre petit groupe de « DIABLES BLANCS » constitué un peu par hasard avec des gamins qui traînaient sur les bancs du cours de Vincennes. Après 1918, l’ensemble prend la forme d’une troupe mais les fonds manquent et les jeunes ne peuvent camper pour la première fois qu’en 1919 grâce au matériel que leur prêtent les « INTREPIDES DU ROSAIRE ».

 

Ces « INTRÉPIDES DU ROSAIRE » sont le premier groupe apparenté au scoutisme sur Paris. Issus d’un patronage très dynamique de Seine et Marne, ils sont créés par HENRI GASNIER et l’ABBE MARCEL CAILLET vers 1912 ou 1913 sur la paroisse Notre Dame de Plaisance dans le quatorzième arrondissement. Il existe encore d’autres groupes tels que la « MILICE SAINT MICHEL » créée en 1912 par LOUIS FAURE au Creusot dans la Saône-et-Loire mais aussi les BOYS SCOUTS de Chalons sur Marne, ceux de Cette, ceux de Sainte Jeanne d’Arc et ceux d’Aigues-Mortes, les CADETS DE JEANNE D’ARC, le PATRONAGE SAINT THOMAS D’AQUIN initié par le PÈRE AUVRAY curé de Saint Léon au Havre, ou encore les SCOUTS MENTONNAIS. Moins connus à l'époque, mais beaucoup plus les années suivantes, citons les SCOUTS DU PÈRE SEVIN.

 

Le PERE SEVIN découvre le scoutisme au début des années 1910  et aide JEAN CORBISIER à développer le scoutisme catholique belge dès Mai 1912. A ce moment, le scoutisme est vivement critiqué par le Père jésuite Caye et certains évêques s'opposent au développement du scoutisme en France. le Père Sevin étudie alors plus précisément le scoutisme anglais au cours d’un rallye en 1913. Là-bas, le scoutisme catholique est soutenu par le CARDINAL DE WESTMINSTER. Ordonné en 1914, le Père Sevin fait ses premiers essais du scoutisme au collège Notre Dame du Tuquet à Mouscron en 1916. C’est lui qui défendra le scoutisme afin de pouvoir le développer. Revenu en France, il crée dans le milieu populaire de la paroisse Saint Sauveur la 1ère Lille en 1918. Mais en France, la nécessité d’un mouvement vraiment catholique se fait jour, réclamé par la jeunesse.

 

En France, on ne veut pas faire fusionner les mouvements comme en Angleterre, entre protestants et neutres, laissant à chaque mouvement le choix de sa religion. Le CHANOINE CORNETTE est lui aussi convaincu qu’il faut créer une fédération capable de prendre place dans l’action catholique naissante. Après deux ans de négociations, les discussions semblent ne pas avancer. Lorsqu’il revient du front à la fin 1918, l’ABBE D’ANDREIS a le sentiment de s’être fait doubler par Cornette. Chaque groupuscule veut garder son identité. Découvrant l’action du PÈRE SEVIN, sa vision pragmatique du scoutisme catholique est finalement celle qui va être retenue et le 25 Juillet 1920 est créée la « FÉDÉRATION NATIONALE CATHOLIQUE DES SCOUTS DE FRANCE ». La majorité des groupes y adhèrent tout en conservent leurs noms d’origine et les premiers numéros d’unités apparaissent.

Les Vaillants Compagnons de Saint Michel en 1920

 

Fondé par l'Angleterre protestante, le Scoutisme vient de traverser la Manche pour s'établir sur le sol de le France catholique. Son entrée chez nous, eut lieu sous les auspices de l'esprit de laïcisme ou de protestantisme. A côté des « ECLAIREURS DE FRANCE » officiellement neutres, on a vu se former le groupe officiellement protestant des « ÉCLAIREURS UNIONISTES ».  Les catholiques se sont émus de ce mouvement qui entraînait la jeunesse française et plusieurs groupes catholiques dont des patronages se rapprochent de la méthode scoute. Toutefois, ils restent encore très dispersés. Pendant ce temps, en Italie, le CARDINAL GASPARRI dans une lettre d’Octobre 1919 envoyé au CARDINAL GIBBONS : « a déclaré ce mouvement, au nom du Pape, digne de la plus haute recommandation ».

 

En Mars 1920, le CHANOINE CORNETTE introduit le PÈRE SEVIN dans une réunion de ce qui devient le « COMITÉ ORGANISATEUR DES SCOUTS DE FRANCE ». De son côté, le Père Sevin présente un rapport déjà très riche : loi, chants, retraites, spirituelles, insignes, uniformes… et non sans difficultés, il arrive à s’imposer. Persuasif, il a aussi l’avantage d’avoir côtoyé BADEN-POWELL, fondateur du scoutisme, et après quelques semaines de délibération, il est nommé secrétaire général. Durant son séjour en Italie, il met alors au point le règlement intérieur et avec Cornette, ils obtiennent que le GÉNÉRAL DE MAUD’HUY, soldat et chef reconnu, catholique fervent, devienne chef scout. Le 25 Juillet 1920, le premier règlement paraît : c’est la création officielle des « SCOUTS DE FRANCE ».

 

L’association est précise dans ses règles et répond à certaines accusations de clercs faites contre elle : au lieu de s’appuyer sur une religion quelconque ou sur l’indifférence religieuse, ILS PRENNENT POUR FONDEMENT LA RELIGION CATHOLIQUE. Les Scouts de France pratiquent le scoutisme intégral tel qu’il est venu d’Angleterre, mais ils l’adaptent à leur catholicisme et à leur sentiment national. Écoutons ce que dit GEORGES GOYAU, protecteur des SDF : « Quant à l’idée même du scoutisme, elle est, en son essence, une vieille idée chrétienne, fille du catholicisme médiéval. Pourquoi la France catholique du XXème siècle se refuserait-elle à reconnaître cette revenante et marchanderait-elle son aide à ceux qui veulent la ressusciter ? Le scoutisme peut devenir un instrument de formation morale et de réformation morale, comme le fut au Moyen-Age LA CHEVALERIE ».

Le Chanoine Cornette

Le Père Sevin

Le Général de Maud'Huy

Chez les Scouts de France, chaque troupe est dirigée au point de vue religieux par UN AUMÔNIER. Ils sont désignés par le curé de la paroisse ou le directeur de l’établissement lorsqu’une troupe est fondée à titre d’œuvre paroissiale ou dans un établissement à direction ecclésiastique. Ils doivent se mettre en rapport avec la fédération. Enfin, des aumôniers diocésains représentent leurs évêques auprès de la fédération. C’est donc la COLLABORATION ÉTROITE ENTRE LE CHEF ET L’AUMÔNIER DANS LA DIRECTION DE LA TROUPE qui va permettre au scoutisme l’union continue entre la formation morale et religieuse et la formation civique. La fédération met en avant les valeurs du catholicisme dans sa LOI SCOUTE, ses PRINCIPES, ses règles, et son engagement de la promesse : « SUR MON HONNEUR ET AVEC LA GRACE DE DIEU (…) »

 

Audacieusement peut-être mais confiants dans l’avenir, ils s’en allaient au nombre d’une bonne douzaine représenter la fédération naissance au premier JAMBOREE DE LONDRES pendant l’été 1920. Ce fut le premier geste national et international du scoutisme catholique français. Son éminence le CARDINAL BOURNE, archevêque de Westminster le consacrait par cette bénédiction écrite de sa main, au bas de sa photographie qu’il daignait leur offrir : « Je bénis les scouts catholiques français en union avec leurs frères les scouts catholiques anglais ». Déjà la stature du Père Sevin se fait connaître et il est sollicité par d’autres associations. C’est ainsi que naît « l’OFFICE INTERNATIONAL DU SCOUTISME CATHOLIQUE » et la croix potencée devient un symbole catholique fort. Dès 1920. Le Père Sevin fait connaître le scoutisme catholique et dès 1920 BADEN-POWELL déclare ainsi : « Une proportion croissante du mouvement scout prit dans son ensemble est catholique et je me réjouis qu’il en soit ainsi ».

 

A son tour, en Février 1921, son éminence le CARDINAL DUBOIS, archevêque de Paris adressait au CHANOINE CORNETTE la lettre suivante : « Ce m’est une joie et une espérance de voir grouper notre jeunesse sous les auspices de l’autorité ecclésiastique pour une formation physique et morale, inspirée des purs principes et des saines règles de la Doctrine Catholique (…) le but des Scouts de France  est de faire revivre une discipline appropriée aux conditions de la vie actuelle, l’idéal si chrétien, si français de LA CHEVALERIE. Puissent-ils tous y tendre de grand cœur et servir ainsi généreusement Dieu, leur Patrie, leurs familles, dans les sentiments les plus fraternels (…) j’applaudis d’avance à tous leurs efforts et je bénis votre sacerdotal et patriotique labeur ».

Les SDF au Jamboree 1920 à Richmond Park

Les fondateurs des Scouts de France

 

La structuration des SDF se compose entre autres d’un président et de commissaires. Le « PRÉSIDENT » des SDF, aussi appelé « CHEF SCOUT » a un rôle variable mais il n’est pas le responsable exécutif contrairement au « COMMISSAIRE GÉNÉRAL ».  C’est ce dernier qui est responsable des SDF. Il est parfois accompagné d’adjoints pour l’aider dans un domaine particulier. En 1920 c’est donc le PÈRE SEVIN qui est commissaire général et le président est le GÉNÉRAL DE MAUD’HUY, remplacé l'année suivante par le GÉNÉRAL GUYOT DE SALINS.

En 1921, quinze scouts participent au JAMBOREE DE RICHMOND PARK près de Londres. Suite au camp commun de La Croix Saint Ouen réunissant les chefs EDF, EUF et SDF, les chefs des SDF comprennent l’importance de la formation et décident de chercher un lieu pour former leur propre camp. Grace aux relations du CHANOINE CORNETTE, le DOCTEUR AMODRU propriétaire du château de CHAMARANDE et de son parc de 92 hectares autorise les SDF à utiliser son domaine pour le premier camp national de 1922. Il sera utilisé jusqu’en 1948 ! Lorsque le PÈRE SEVIN revient de GILWELL, il revient honoré de la BADGE DE BOIS, brevet décerné par BADEN-POWELL et l'autorisant à fonder un camp de formation de chefs internationalement reconnu. En Mars 1922 naissait aussi la revue « LE CHEF », organe des chefs SDF et dont Macédo est le secrétaire général. En Juillet 1922, le premier annuaire fédéral apparaît : les SDF comptent désormais 88 troupes. Le même mois, 600 scouts et 30 louveteaux participent au premier camp national des Scouts de France.

Rallye SDF de Chamarande en 1922

Général Guyot de Salins

L’année 1923 voit la fondation du premier groupe marin associé à l’historique groupe Saint Louis de Paris. Ce sont EDOUARD DE MACEDO et le CHANOINE CORNETTE qui le dirigent. Cette même année, c’est aussi la création de la branche féminine sur l’exemple des SDF : ALBERTINE DUHAMEL et MARIE DIEMER fondent les GUIDES DE FRANCE. Le château d’Argeronne sera leur haut lieu du scoutisme féminin.  Début 1923 c’est aussi la parution de la revue pour les éclaireurs : « LE SCOUT DE FRANCE ». Les SDF créent aussi les « CHEVALIERS DE FRANCE », dignité assez élevée au sein de l’association. En 1924, le mouvement continue son développement et s’étend désormais à 9 provinces. Cette année, c’est aussi la création de « LA HUTTE », magasin des SDF destiné à l’approvisionnement et le matériel de scoutisme. A la direction, EDOUARD DE MACEDO seconde le GÉNÉRAL GUYOT DE SALINS au poste de présidence et entre 1924 et 1927.

 

L’année 1925 est une année chargée pour les SDF : afin de garantir le jubilé et le succès du PÈLERINAGE DE ROME, le comité décide de renoncer au camp national et de le reporter au mois d’Août 1926. Le dimanche 30 Août 1925, environ 1500 uniformes anglais, français et belges se retrouvent dans la nef de Notre-Dame de Paris afin de se réunir avant le départ pour Rome. Le CHANOINE CORNETTE déclare alors : « Au moment où nous allons partir pour Rome, répondant à l’appel de nos frères scouts italiens, nous avons la volonté d’accomplir un acte de foi (…) » Entre 8000 et 10000 scouts de vingt nations se retrouvent à Rome pour l’année jubilaire dont une délégation de 650 SDF.  Le PAPE PIE XI leur réserve une ovation de 10 minutes !

 

1925, c’est aussi la création de la 1ERE LOURDES – TROUPE DE L'IMMACULÉE CONCEPTION, qui a pour but de grouper les chefs scouts ou aînés qui désirent apporter leur soutien aux hospitaliers de Notre-Dame de Lourdes ou ceux de Notre-Dame du Salut. Elle n’a d’existence effective que durant les pèlerinages. Cette année, c’est aussi le début des SCOUTS ROUTIERS afin de donner aux aînés le moyen de se définir, s’orienter et s’entraider. Proposé par EDOUARD DE MACEDO, le PÈRE DONCOEUR en a été nommé aumônier et MARCEL FORESTIER chef délégué. Le premier « CONGRES NATIONAL DES CHEFS » a lieu sur Dijon en Décembre 1925. C’est la première fois que les commissaires, scoutmestres, assistants, cheftaines, louvetiers et instructeurs de toute la France vont se rencontrer en tant que chefs. Car il faut savoir qu’à Chamarande tout le monde redevient un simple scout.

1925 : les dirigeants des associations à Rome

1926 : rassemblement national louveteaux de Chamarande

Depuis 1926 et avec le développement incessant des unités, il est décidé d’organiser 4 fois par an un conseil national des commissaires SDF. Cette année marque surtout le premier rassemblement national des louveteaux à Chamarande en Août 1926. Organisé par le PÈRE SEVIN, il regroupe environ 35 meutes et 300 louveteaux. Ses assistants sont ANDRE NOËL, PAUL COZE et M. LALLIER plus deux cheftaines. Les SDF comptabilisent déjà 8000 membres.

L’année 1927 est marquée par la reconnaissance de l’association comme étant une « ASSOCIATION D’UTILITÉ PUBLIQUE » par le gouvernement français. Cela ne se fait pas sans le compromis d'une réorganisation des SDF qui ne sera pas sans conséquence : le Père Sevin qui continue son idée « D'ORDRE SCOUT » commence à être mis à l'écart.  Toutefois, elle laisse place les SDF parmi les institutions « utiles » au pays, nécessaires pour son rayonnement et son épanouissement. Cette année, c’est aussi le début du « SCOUTISME D’EXTENSION » destiné aux personnes porteuses d’un handicap physique ou mental. Autre événement majeur de l’année, le RASSEMBLEMENT INTERNATIONAL A LOURDES. Les 2000 Scouts de France sont accueillis du 13 au 16 Juillet à Lourdes par MONSEIGNEUR SCHOEPFER, très ému de l’enthousiasme catholique des jeunes. En Juin 1928 sont aussi créés les « AMIS DES SCOUTS », regroupant essentiellement des parents et sympathisants des SDF et dans l’objectif d’aider le mouvement financièrement et moralement.

Le rassemblement national de Lourdes en 1927

1929 est une année chargée pour les SDF. Cette année, c’est le 5ème centenaire de Sainte Jeanne d’Arc.  En Mai, près de 4000 scouts de toutes les provinces défilent pour la fête Johannique à Orléans. A Paris est organisé le GRAND DÉFILÉ POUR SAINTE JEANNE D’ARC. Environ 4000 scouts de toutes associations confondues (SDF, EU et EDF) défilent pendant une demi-heure devant la statue de Sainte Jeanne d’Arc. Commencé en 1917, le Père Sevin finit d'écrire son livre sur « LE SCOUTISME » en 1929. C'est le manuel de référence sur la pédagogie scoute catholique. Le chanoine Cornette reçoit la LÉGION D’HONNEUR en fin d’année. Un système « D’OFFICE DE PLACEMENT » est créé pour faciliter les grands scouts et routiers à la recherche d’une situation. Mais cette année est aussi marquée par le JAMBOREE DE BIRKENHEAD près de Liverpool. Environ 50000 scouts s’y retrouvent avec 2500 français dont 1500 SDF. Avec 750 bâtons et 10 kilomètres de ficelle, les scouts français construisent une réplique de la tour Eiffel : elle mesure 16 mètres de haut ! A l’aube des années 30, les SDF sont désormais plus de 20.000 !

Défilé de Sainte Jeanne d'Arc en 1927

La tour Eiffel du Jam

Vue aérienne du Jamboree 1929

 

En 1930, avec la France, les SDF commémorent le CENTIÈME ANNIVERSAIRE DE LA CONQUÊTE D’ALGER et par là le début de l’empire colonial français en Afrique du nord. L’association en fait largement la promotion dans la plupart de ses revues jusqu’en 1931 et insiste sur le côté évangélisation de ces terres.  Cette année, c’est aussi le premier camp école préparatoire des SCOUTS-MARINS à Pornic, le Pèlerinage national à Lourdes avec 300 SDF de province et 200 scouts irlandais, accueillis par MONSEIGNEUR GERLIER.  En Avril, PIERRE GOUTET, MICHEL RICHARD et FRANCOIS BLOCH-LAINE fondent sous la présidence de LÉON CHANCEREL le « GROUPE D’ÉTUDES ET DE RÉALISATIONS THÉÂTRALES SCOUTES ». Fin Juin 1930 commence la « MISSION PAUL COZE » en Amérique du nord avec le docteur HENRY DESCHAMPS, le botaniste GABRIEL EYMONNET, le dessinateur RAYMOND GID et le photographe CLAUDE BEAUDROIT. Tous scouts, ils effectuent des observations ethnologiques et naturalistes dans ces régions. Le 29 Juillet 1930, M. ANDRÉ TARDIEU, président du Conseil et ministre de l’Intérieur vient remettre la croix de chevalier de la légion d’honneur au CHANOINE CORNETTE, aumônier général des SDF.

 

Le 30 Mai 1931, des milliers de SDF venant principalement d’île de France et de Normandie viennent commémorer le martyre de Sainte Jeanne d’Arc. Une messe est célébrée par MONSEIGNEUR PETIT DE JULLEVILLE, évêque de Dijon qui trouve ces mots si justes : « faire son devoir, le faire quoi qu’il advienne, pour Dieu et avec Dieu ». La messe s’achève alors qu’au pied de l’autel les aumôniers distribuent encore la communion ! Cette année marque aussi la FÊTE INTERFEDÉRALE DU SCOUTISME AU STADE PERSHING avec 7000 scouts et louveteaux, le CAMP ROUTIER INTERNATIONAL DE KANDERSTEG  avec 50 français dont 25 SDF et il serait injuste de ne pas citer la construction d’un « remake » de la tour Eiffel par les scouts d’Orléans : 23 mètres de haut, 2800 bâtons et 30km de corde ! C'est aussi la parution de la revue « LOUVETEAU » pour la branche des 8 à 11 ans.

1930 : Haie d'honneur au chanoine Cornette

SDF en colonies françaises d'Afrique du nord

1931 : Défilé des fêtes Johanniques à Rouen

En 1932, RENÉ MICHEL LHOPITAL devient commissaire général des SDF. Le 1er Mai est ouvert le « PREVENTORIUM » des SDF, organisme d’entraide. L’année est marquée par le pèlerinage des SDF pour le 29ème JUBILE DE NOTRE DAME DU PUY. Sous la conduite du CARDINAL VERDIER, elle compte près de 200 000 pèlerins et les SDF sont mis à l’honneur avec la troupe de comédiens routiers. Au mois d’Août, les SDF participent aussi à l’inauguration de L’OSSUAIRE DE DOUAUMONT ou de nombreux drapeaux SDF vont défiler. Les « COURS DE ROUTE » sont désormais innovés à Chamarande. 

En 1933, les SDF dépassent désormais les 50.000 effectifs. Le 4ème Jamboree mondial à lieu à GÖDÖLLÖ en Hongrie rassemblant 26.000 scouts de 32 pays et 21 territoires dont 1500 français. Après la création du premier « COURS D’AUMÔNIERS », le PÈRE SEVIN est critiqué par certains de ces collaborateurs ce qui conduisit à son renvoi. Après plus de 10 ans mestre de camp à CHAMARANDE, il l’accepte avec humilité.

 

En 1934, pour la canonisation de Dom Bosco et la clôture de l’année sainte, un millier de SDF partent en PÈLERINAGE A ROME. Le 27 Juillet 1934, le président d’honneur des SDF et MARÉCHAL DE FRANCE LYAUTEY décède. Les SDF lui feront un dernier adieu. Cette année, le CARDINAL VERDIER vient aussi visiter le 25ème cours de Chamarande et en fin d’année, BADEN-POWELL rend visite à la France à Toulon : 800 SDF et GDF l’acclament sympathiquement. En 1935, les routiers effectuent le 2ème ROVER-MOOT mondial en Suède avec 160 français dont les SDF D’ANDRE CRUIZIAT.